Les instruments traditionnels – CM2 La Chaumière

Photo de une article la chaumière

A la Réunion, les instruments de musique proviennent de différents pays. Ils sont utilisés dans les musiques et danses traditionnelles locales comme le séga et le maloya. Egalement dans un sport traditionnel comme le moringue. Ces instruments sont principalement d’origines africaine et  malgache.

_

Parmi ces instruments, le roulèr est omniprésent dans toutes les compositions. Surtout dans le maloya pour affirmer et asseoir la base rythmique d’hymnes musicaux revendicatifs. Le bobre, le djembé, la takamba, le roulèr, le vali, le kayamb et bien d’autres étoffent la richesse culturelle et musicale réunionnaise.

_

Le bobre

article La musique traditionnelle La ChaumièreD’origine africaine, il est principalement utilisé à La Réunion dans le maloya. Il s’agit d’un arc musical, cousin du berimbau brésilien utilisé dans la capoeira.

Composé d’un morceau de bois d’une taille d’un mètre cinquante environ, il est pourvu à sa base d’une caisse de résonance formée d’une calebasse vide fixée d’un côté de l’arc. L’autre extrémité de la calebasse est ouverte, laissant s’échapper les vibrations.

Le musicien tient l’arc au-dessus de la calebasse, qu’il appuie contre lui. Il frappe en cadence la corde de l’arc à l’aide d’une petite baguette appelée batavék, et qui porte à son extrémité une petite bourse en fibre de vacoa. Cette bourse contient des graines qui résonnent lorsque le musicien frappe la corde. On obtient ainsi plusieurs effets simultanés : le rythme est donné par le cliquetis des graines dans le kavir (comme une maracas), la sonorité est donnée par les vibrations de la corde que le musicien amplifie à son gré en fermant plus ou moins l’ouverture de la calebasse qu’il appuie contre lui.

_

Le djembé

article La musique traditionnelle La ChaumièreUn djembé est un instrument de percussion africain, originaire du Mali. Son nom signifie tambour. Le djembé est utilisé depuis quelques années dans le séga, le maloya et le moringue.
.

Pour les musiciens mandingues, le djembé représente tous les éléments principaux de l’univers. Le bois pour le végétal, la peau pour l’animal, le fer pour le minéral. Le son du djembé exprime l’âme et l’émotion du musicien.

L’instrument est composé d’un fût de bois en forme de mortier africain. Son extrémité la plus large est recouverte généralement d’une peau de chèvre ou d’antilope. La peau est tendue à l’aide d’un système de tension, constitué de chevilles en bois ou de cordes en peaux.

Les musiciens frappent la peau à pleines mains. Mais les possibilités de frappes sont beaucoup plus subtiles. En effet, en appuyant une main sur la peau tout en jouant avec l’autre, on peut obtenir des sons beaucoup plus variés, plus hauts ou plus bas. Le djembé se joue debout à l’aide d’une sangle ou bien assis.

_

La takamba

article La musique traditionnelle La ChaumièreLa takamba a été l’instrument fétiche du chanteur réunionnais Alain Peters.

Cet instrument est un type de guitare originaire d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Elle est inspirée du guembri, ou n’goni, utilisé par les griots du Sahel. Elle est adaptée pour la musique réunionnaise dans les années 70/80.

Longue de 70 cm, elle est formée d’une caisse de résonance en bois massif, en forme de petit bateau, et d’un manche en bois rond et mince. La caisse de la takamba est recouverte d’une peau de veau. Les cordes en nylon sont fixées à l’aide d’anneaux de cuir. Elles passent sur un petit chevalet en éventail.

Takamba est un label discographique réunionnais créé en 1997 à l’initiative du Pôle régional des musiques actuelles de La Réunion (PRMA).

_

Le roulèr

article La musique traditionnelle La ChaumièreLe rouleur, ou roulèr, est un gros tambour frappé à deux mains. Le musicien est assis à califourchon sur l’instrument. Une position qui permet de modifier la tension et donc le timbre du son en se servant d’un de ses pieds. Le rouleur fournit le son le plus grave et la base rythmique la plus importante dans le maloya.

Il a souvent été fabriqué dans un tronc de bois évidé, d’au moins 70 cm de long et 50 cm de diamètre. Le plus souvent, la peau est de bœuf ou de cabri, collée ou cloutée sur l’une des extrémités du fût de bois. Les poils des peaux ne sont pas systématiquement retirés. Il est d’usage de faire chauffer la peau près du feu pour la tendre avant de jouer. Aujourd’hui, la plupart des rouleurs sont fabriqués à partir de tonneaux.

L’usage de cet instrument est lié aux anciens esclaves, comme marque de la révolte face au pouvoir blanc esclavagiste.

_

Moringue

Le roulèr est particulièrement utilisé pour accompagner et rythmer ce sport de combat pratiqué dans l’Océan Indien, originaire de Madagascar sous le nom de moraingy. C’est une forme de combat debout à main nue, incluant les coups de pieds, de genoux et parfois les coups de tête. Les techniques de corps à corps sont exclues. De nos jours, on en trouve encore une pratique authentique à Madagascar et à Mayotte (dans l’archipel des Comores).

La version réunionnaise moderne a peu de choses en commun avec le moraingy originel. Elle est créée en 1996 à l’île de La Réunion. Le moringue moderne combine la lutte africaine et la capoeira brésilienne.

_

Le vali

Le vali ou valiha est l’instrument emblématique de Madagascar. Cette sorte de cithare tubulaire est fait d’un tronc de bambou de 60 à 130 cm de long. Il est très souvent décoré et entouré de cordes tendues par des taquets de bois.

A l’origine les cordes étaient fabriquées à partir de fibres de bambou. Aujourd’hui elles sont en acier avec des résultats tout à fait satisfaisants donnant à l’instrument actuel un timbre plus proche de la cithare. Le musicien accorde les sons à l’aide de cales qu’il déplace le long du corps de l’instrument. Le musicien est assis et tient le vali coincé soit entre les cuisses. L’instrument est debout entre ses bras.

Les habitants des hauts plateaux de Merina à Madagascar jouent traditionnellement de la valiha pour invoquer les esprits de leurs ancêtres. Il a été introduit à La Réunion par les malgaches, et il est devenu avec le temps un instrument utilisé dans le séga ou le maloya.

_

Le caïambe

article La musique traditionnelle La ChaumièreCet instrument possède plusieurs orthographes et appellations. A La Réunion : caïambe, kaïambe, kayamb. Raloba ou kaiamba à Madagascar, m’kayamba aux Comores, maravan à l’île Maurice, chikitse au Mozambique et kayemba au Kenya.

_

Instrument emblématique

Il est utilisé dans les Mascareignes pour jouer le maloya. L’histoire du kayamb est intimement liée à celle du maloya. Il serait arrivé avec les premiers esclaves à La Réunion entre 1690 et 1724.

Le kayamb tirerait donc ses origines de l’Afrique de l’Est, depuis la Somalie jusqu’à l’Afrique du Sud. Des pratiques très similaires au maloya ont d’ailleurs été observées dans plusieurs pays de la côte est-africaine. Deux ethnies en particulier, les Makuas et les Makondés du sud de la Tanzanie ont notamment servi de réservoirs de main-d’œuvre servile avant l’abolition de l’esclavage.

_

Percussion idiophone

Le kayamb est un instrument de percussion idiophone. Un idiophone, ou autophone, est un instrument de musique de la famille des percussions. Le son est produit par le matériau de l’instrument lui-même, lors d’un impact. Soit produit par un accessoire extérieur comme une baguette, soit par une autre partie de l’instrument comme des graines sur un filet qui l’entoure.

Il est constitué de deux panneaux de roseaux et de tiges de fleurs de canne à sucre, liés ensemble et montés sur un cadre en bois léger. A l’intérieur on met des petites graines rondes et dures de safran marron, de cascavelle ou de conflore. Le tout maintenu par des lanières de cuir qui assurent l’homogénéité et la robustesse de l’ensemble.

_

Bruit de vagues

Le joueur de kayamb secoue son instrument avec l’aide des deux mains en se cambrant légèrement vers l’avant. Horizontal, le mouvement est impulsé du bout des doigts. Il est relativement énergique afin que les graines contenues à l’intérieur frappent les parois simultanément et produisent un son homogène. Les graines à l’intérieur produisent un son caractéristique lorsqu’elles s’entrechoquent, évoquant un bruit de vagues.

_

Marie Tressy Payet CM2A

_

Sources : Runtamtam, Wikipédia, Les Instruments du Monde

Copyright photos : Runtamtam, Rotondi de Pixabay, Wikipédia

_

_

Liens

_

Runtamtam Percussions

Musée des Musiques et Instruments de l’Océan Indien

PRMA – Pôle Régional des Musiques Actuelles

_

La page de l’école La Chaumière

Ateliers Web Reporter – Ecole la Chaumière – Saint-Denis

_

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.